Mobilité au lendemain du confinement : entre télétravail et mobilité alternative

Mobilité au lendemain du confinement : entre télétravail et mobilité alternative

Mobilité au lendemain du confinement : entre télétravail et mobilité alternative

En cette période de confinement général en France et dans le reste du monde, c’est l’ensemble de l’économie qui est impactée. En France, les entreprises se sont vues obligées de revoir leurs façons de travailler pour s’adapter aux contraintes actuelles. Confinement, mobilité et télétravail, parlons-en !

 

Le 17 mars 2020, la France entre officiellement en état de confinement pour faire face à l’épidémie mondiale de COVID19.

Si l’ensemble de la population se voit contrainte de rester chez elle, ce sont les entreprises qui en pâtissent drastiquement ! Les mesures instaurées par le gouvernement sont claires : la distanciation sociale et le confinement sont la solution pour permettre un rétablissement général de la situation. Pas de traitement de faveur, l’adaptabilité est le maître mot.

Confinés, le travail est redessiné, et nos habitudes avec. La période que nous traversons doit ainsi être vue comme une opportunité à saisir pour repenser la société, entre télétravail, mobilité, et enjeux écologiques.

 

Même charge de travail, moins de déplacements

 

Certains secteurs d’activités sont davantage touchés par cette crise sanitaire. La production automobile, la restauration ou encore les PME dépendantes de fournisseurs à l’étranger sont à l’arrêt ou peinent à maintenir le rythme. Les déplacements sont réduits au strict nécessaire et plus question de se rendre dans les bureaux confinés (sans mauvais jeu de mots).

Si confinement et déplacement ne font pas bon ménage, les performances des entreprises ne sont pas forcées d’être diminuées pour autant. Les solutions employées permettent à celles-ci de maintenir leurs activités d’une autre manière avec moins, voire plus aucun déplacement.

Parmi ces solutions, la plus évidente de toutes : le télétravail. Si l’accès au bureau est impossible pourquoi ne pas le transposer à la maison directement ? Le télétravail se développe depuis plusieurs années, dans le cadre d’un mouvement global de démobilité pour diminuer l’empreinte écologique des déplacements. Le confinement lui donne un coup d’accélérateur magistral, en offrant la possibilité d’un test grandeur nature. Les différentes plateformes permettant les visioconférences comme Zoom ou Teams sont devenus des outils indispensables aux entreprises et ont vu leur nombre d’utilisateurs se multiplier par dizaines de milliers.

Outre la réduction des émissions de CO2, cette pratique présente de nombreux avantages et peut profiter à la fois à l’entreprise et aux employés. Citons : 

  • Une opportunité de s’organiser : le fait d’être à l’écart permet une plus grande autonomie, une meilleure gestion de son temps et pousse à se fixer des objectifs à atteindre ;
  • Améliorer sa concentration : dans le cas où aucune perturbation familiale n’est à déplorer (ah les enfants…), être à l’écart, dans un endroit calme et confortable aide à développer notre concentration et ainsi la productivité de 5 à 30% (selon une étude de la direction générale des Entreprises) ;
  • Accroître sa motivation : de bonnes conditions de travail favorisent le bien-être des employés et accroient leur motivation ainsi que leur implication ;
  • Prendre des décisions : être éloigné des contraintes physiques et conflictuelles habituelles permet de prendre du recul sur les événements et facilite la prise de décisions parfois délicates ;
  • Moins de stress, plus de satisfaction : travailler à domicile signifie ne pas avoir de trajet le matin. Un gain de temps, moins de stress, plus de bien-être (et moins de pollution).

La clé pour un télétravail sain et efficace est de conserver les contacts au sein de l’entreprise. Ainsi, les réunions régulières, les points vidéo et les appels sont garants du bon fonctionnement des projets et de la cohésion des équipes. Et puisqu’être confiné chez soi n’est pas toujours simple, conserver ces contacts numériques permet également d’entretenir le moral de ses troupes !

 

Des résultats prometteurs liés au confinement

 

Ainsi, le confinement nous donne l’opportunité de découvrir ou approfondir une nouvelle manière de travailler en se déplaçant moins ou pas du tout.

Et ce n’est pas tout : le confinement et la mise à l’arrêt de nos déplacements et activités présentent aussi d’autres effets positifs. Le bilan écologique parle déjà de lui-même : la qualité de l’air s’est améliorée de 20 à 30% dans la capitale. Un bilan jamais vu depuis 40 ans. La résultante de la réduction des déplacements, c’est également l’amoindrissement des pollutions sonores, jusqu’à 90% sur certains axes routiers. A défaut de pouvoir assister à nos concerts préférés, nous sommes aux premières loges pour écouter le chant des oiseaux dans un décor de ciel bleu (oui, il n’est pas gris) !

Réduire les déplacements, plus qu’une obligation pour préserver et protéger ses employés de la contagion, devient aussi une manière de protéger notre environnement. Et après ? On retourne à la normale ou pouvons-nous tirer du positif de ce confinement ?

 

Repenser le travail et la mobilité

 

Si la mobilité mérite d’être repensée post-confinement, la démobilité entre directement en ligne de compte pour changer nos habitudes. Développer des alternatives comme le télétravail, les conférences à distance ou la réduction des déplacements non-essentiels permettent de laisser place aux mobilités alternatives. Moins de déplacements, moins d’encombrement urbain ! Travailler à domicile et se déplacer à pieds ou à vélo, voilà ce que le confinement nous laisse entrevoir pour les habitudes professionnelles de l’après.

Le télétravail forcé a été la preuve que la démobilité peut être synonyme de productivité. Ainsi les entreprises vont pouvoir tirer des enseignements du confinement en imaginant de nouvelles manières de travailler. On imagine que le travail à la maison sera accepté à plus grande échelle, ce qui permettra à la fois de réduire la congestion en ville due aux transports, de réduire les émissions de gaz à effet de serre et de favoriser le bien-être au travail.

De nouvelles formes de mobilité peuvent aussi découler de cette période. Certaines villes comme Bogota, Calgary ou encore New York mettent actuellement à disposition des pistes cyclables temporaires et des voies réservées aux vélos. En effet cette mobilité individuelle est aujourd’hui l’une des plus sûres d’un point de vue sanitaire. Malheureusement, la France reste assez réticente à cette pratique et le vélo est encore sujet à verbalisation. Alors qu’un service comme City Bike à NewYork voit une augmentation d’utilisation de 67%, le service parisien Vélib’, lui, chute de 80%.

Malgré la période difficile que traversent les entreprises spécialisées dans la micro-mobilité, on peut faire le pari qu’elles vont y gagner sur le long terme. Les habitudes de distanciation sociale risquent fort de continuer post-confinement, et entraîner un rejet des espaces surchargés de monde. Redécouvrir le vélo, la trottinette, ou encore la marche pour éviter l’entassement quotidien dans les transports pourrait séduire de nombreux actifs. L’adoption de ces mobilités douces permettra de décarboner les déplacements, qui est, on le rappelle, le 1er post d’émission de CO2

 

Redécouvrir la nature et le ciel bleu

 

Constater des effets positifs en situation de crise, c’est pouvoir espérer des progrès durables au lendemain du confinement dans une situation dite « normale ». Un ciel bleu, des oiseaux qui chantent, des dauphins dans les ports, une qualité de l’air plus saine… Qui ne souhaiterait pas conserver les « richesses » redécouvertes grâce à la diminution des déplacements et à la discipline de chaque acteur ?

Et si nous tirions le meilleur de cette situation pour repartir sur des bases saines ? Et si nous avions les clés en mains pour ouvrir de nouvelles portes plus responsables ? Maintenant que nous avons eu l’opportunité de nous rendre compte de l’importance de la mobilité sur nos conditions de vie, allons-nous faire le choix de retourner à la normale ?

 

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LOM : un acronyme pour Loi d’Orientation des Mobilités. Dans la lignée de la loi LOTI qui structure les transports depuis 1982, la loi LOM effectue une transition vers une mobilité propre, et vise à combattre l’inégalité territoriale en termes d’accès aux transports.

Cette loi aura des impacts sur le secteur des transports en général, mais aussi sur les flottes d’entreprise et la mobilité des salariés. Pour vous y préparer dès maintenant, on vous dit tout ce qu’il faut retenir !

 

Où en est la loi ?

 

Après un marathon législatif et des aller-retours entre l’Assemblée Nationale et le Sénat, l’Assemblée Nationale a définitivement adopté le projet de loi le 19 novembre.

 

Concrètement, que prévoit la loi ?

La loi repose sur 3 piliers :

  1. Investir plus et mieux dans les transports du quotidien. Au programme : 13,4 Md€ d’investissement prévus dans le quinquennat, pour améliorer l’entretien des réseaux existants, développer un plan RER, désenclaver les territoires ruraux.
  2. Faciliter et encourager le déploiement de nouvelles solutions pour permettre à tous de se déplacer. Comment ? Par exemple en promouvant des solutions autres que la voiture individuelle comme le covoiturage ou les navettes autonomes, en réduisant le coût du permis, ou encore en encadrant le free-floating.
  3. Engager la transition vers une mobilité plus propre. L’objectif c’est la neutralité carbone en 2050 : -37,5 % d’émissions de CO2 d’ici 2030 et interdiction de la vente de voitures utilisant des énergies fossiles carbonées en 2040. Différentes mesures sont prises dans ce sens : prime à la conversion, plan vélo, plan covoiturage, zones à faibles émissions, etc.

 

Et pour les entreprises, ça change quoi ?

Pas mal de choses ! Deux axes principaux : la mobilité domicile-travail, et les flottes de véhicules.

 

La mobilité domicile-travail : simplifier et rendre durable

  • Elle entre au cœur du dialogue social dans les entreprises en devenant un thème obligatoire de négociation sociale pour les entreprises de plus de 50 salariés sur site.
  • Mise en place d’un forfait mobilité durable, jusqu’à 400 €/an pour aller au travail en covoiturage ou en vélo. Non obligatoire, mais exonéré d’impôts et de cotisations sociales. Un décret sera a priori pris pour inclure les voitures et scooters en partage dans ce forfait.
  • Le plan de mobilité, déjà obligatoire pour les entreprises avec plus de 100 salariés sur site, est de nouveau mis en avant.

Les flottes de véhicules : décarboner !

  • Les entreprises gérant un parc de plus de 100 véhicules devront acquérir des véhicules à faibles émissions lors du renouvellement du parc : cela concernera d’abord 10% du renouvellement en 2022, et augmentera régulièrement jusqu’à atteindre 50% du renouvellement en 2030. Ce pourcentage sera rendu public.
  • L’obligation d’équiper les bâtiments avec des équipements pour la recharge de véhicules électriques, et le stationnement des vélos

Enfin, il faut noter des mesures dans la loi qui ne sont pas directement liée aux entreprises, mais qui auront un impact :

  • Instauration de zones à faibles émissions mobilité dans les communes où la qualité de l’air est régulièrement mauvaise : ces zones restreignent le type de véhicules autorisés à circuler, en bloquant l’accès des plus polluants.
  • Mise en place d’une tarification différenciée des autoroutes selon les niveaux d’émission des véhicules
  • Avantage aux véhicules à faible émissions dans les politiques urbaines : partage des voies, facilité de stationnement
Et vous, comment vous vous préparez à la transition vers une mobilité propre ?
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